Des rizières aux rivages

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Avec Derrick, on a décidé, après 5 jours passés à Bali, qu’il était temps de voler de nos propres ailes et de couper le cordon qui nous liait à ses parents, restés à Sanur. Premier stop: Ubud puis Semimyak que j’avais beaucoup aimé (pour l’article, c’est ici: Selamat Datang di Bali); Lovina étant “trop loin et trop ennuyant” d’après ce que j’avais entendu dire pour qu’on y prenne la peine d’y aller.

Kadek vient donc nous chercher à Sanur. On quitte cette petite ville tranquille pour un des sites majeurs de Bali. Mais avant de nous trouver un hôtel, Kadek tient à nous montrer des trucs sympas autour d’Ubud.

On s’arrête rapidement dans une fabrique de batik (que j’avais déjà visité auparavant) où on peut (toujours) voir ces femmes tisser le batik et dessiner avec une sorte de pipette à même le tissu; avant de nous rendre dans un temple balinais plutôt sympa.

Le temple est plutôt grand, on voit des mongols de touristes jouer avec des instruments de musiques laissés sans surveillance et des femmes habiller les statuettes du temple à l’aide de petits bouts de tissus. On s’est un peu fait carotte par une vieille dame qui nous avait demandé un “photo fee” après qu’on lui a demandé si on pouvait prendre une photo d’elle et qu’elle ait dit oui (c’est la dame en vert anis!). La deuxième carotte c’est quand elle nous a remis une de ces petites offrandes colorées balinaises dans nos mains qu’on a accepté et qu’elle nous ait redemandé un fee pour ça! Heureusement que les rupiah ne valent rien!!! Bon on avait un peu les boules même si elle nous avait débarrassé de nos petites coupures.

Kadek nous a ensuite emmené à un viewpoint pour voir les fameuses rizières en terrasses. Premier constat: c’est hyper touristique. Il a fallu payer un homme posté au milieu de la route pour passer (10000 rupiah par personne soit 1 dollar). Un autre homme faisait  également la circulation tellement cette parcelle de route était prise d’assaut par les bus et voitures de touristes. Puis ensuite, c’était quartier libre. On pouvait se balader en compagnie de milliards de moustiques dans les rizières, acheter des ouvres bouteilles en forme de zizi dans l’une des nombreuses boutiques souvenir ou encore se relaxer dans un des cafés se situant sur le flan des rizières, tout en sirotant une noix de coco.

Avant d’arriver à Ubud, j’avais un peu feuilleté le guide du Lonely Planet et j’étais tombée plusieurs fois sur des chapitres entiers concernant le film “Eat, Pray, Love”. Par exemple, le guide informait le lecteur où, à Ubud, il pouvait trouver Ketut et Wayan, où aller s’il voulait aller nager dans le même spot que Julia Roberts (lol), où aller pour voir les rizières en terrasses du film… Bref, ce lieu est exploité au maximum et la popularité du film n’aide pas. Il y a six ans, il fallait galérer avec son scooter à essayer de trouver LE spot parfait. Et bien sûr, tout était gratuit!

Mais bon hein, c’est quand même absolument magnifique!

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Dernier stop dans une plantation de café. Avez-vous déjà entendu parler du “meilleur café du monde”? Eh bien il est produit à Bali! Le processus est simple: on capture une petite civette asiatique qui ne sélectionne que les meilleures cerises du caféier avant de les engloutir. Cette dernière digérera la pulpe mais pas leur noyau, qui se retrouvera dans ses excréments! On ramasse ces petites graines, on les lave, avant d’entamer le processus. Le café Luwak est assez cher – 5$ la tasse. N’étant pas fan du café, je me suis juste contentée du “tasting platter” qui proposait un petit échantillon des thés et cafés (pour Derrick) qu’ils produisaient. La vue du café était époustouflante!

Après ça, direction un hôtel qui ressemble pas mal à un temple et où 90% de la clientèle était française. Je réalise qu’Ubud est deux fois plus grand, plus cher et telleeeeeeement plus développé. Il était possible avant de marcher dans le centre ville et d’apercevoir entre deux magasins, des champs de riz. Dorénavant, galeries, restaurants, cafés et boutiques souvenirs s’alignent les unes à coté des autres bloquant toute vue. Durant ces deux jours, on en a profité pour ne rien faire et partir à la recherche d’encens à base de clou de girofle dont l’odeur vous transporte instantanément à Bali. Je sais, c’est une drôle de quête mais c’était pour nous, LE souvenir ultime de Bali, un souvenir olfactif qui puisse vous transporter en un rien de temps. On a été visiter le Monkey Forest qui est incontournable pour toute visite à Ubud. Les macaques ont ici un odorat beaucoup plus aiguisé qu’à Uluwatu et surtout, ils ont plus la dalle, n’hésitant pas à monter sur la tête de gens et à les mordre. Le spectacle est beaucoup plus divertissant ici puisque le parc attire énormément de gamins trouillards.

Après deux jours à vadrouiller à Ubud, on a mis le cap sur Seminyak, petite station balnéaire qui se veut “trendy”. Avant de partir, on m’avait prévenu que Seminyak, c’est comme un prolongement de Kuta, l’endroit le plus pourri du monde : c’est comme si les kékés australiens avaient importé le Kings Cross de Sydney dans cette petite ville balinaise. C’est intense, bruyant, pleins de boutiques de surf et de tattoo, de bars avec des drapeaux australiens partout, de night clubs, la circulation est dense, la fréquentation plus jeune et plus australienne. Seminyak c’est tout ça en moins intense (on a quand même vu des bars kitsch géants avec piscine en face de la plage avec ces danseurs tout en couleur qui ressemblaient à des clodettes et qui plombent mettaient l’ambiance).

Du coup, pour les deux jours restants, on a passé nos journées à se faire masser dans des boutiques situées dans des parking pour 6$ par des masseuses qui vous endolorissent tous les muscles (mais bon c’est 6$), on s’est gavés dans les resto sympa de Seminyak et on a fait le steak sur une plage qui n’avait vraiment rien de spécial, excepté les vendeurs d’ananas qui rodaient autour des touristes, machette à la main. Il y a même des vendeurs à la sauvette qui essaient de vous vendre des sarbacanes ou des arbalètes sur la plage!

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On a passé notre dernière journée à errer comme le font les chiens de Bali, entre notre check-out de l’hôtel et notre vol retour pour Sydney qui était à 23h. On ne sait pas pourquoi mais on a décidé que Derrick devait voir à quoi ressemblait Kuta et on a ainsi donc traversé la petite ville de Legian à pied (la ville entre Seminyak et Kuta) avant d’arriver dans ce bordel occidentalisé et inauthentique. Il y a un vrai trottoir, sans trous de bâtard (bon ça c’était peut-être une bonne chose), les plages sont plus belles qu’à Seminyak mais telleeeeement plus bondées et on a fait le tour de la ville en 1h, même pas. On a donc passé l’après-midi au Hard Rock Café à se relaxer by the pool en se goinfrant à coup de sundae, avant de rejoindre les locaux pour notre dernier coucher de soleil à Bali…

J’avais besoin de ces 10 jours à Bali pour réaliser que j’avais qu’une envie: rentrer à Sydney. Ce voyage m’a laissé un goût amer, tant l’industrie du tourisme a balayé l’authenticité et la magie de la petite île hindoue d’Indonésie. Pas sûr que je retournerai un jour à Bali (à moins que j’ai envie de me faire tatouer un truc moche et cheap)…

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3 thoughts on “Des rizières aux rivages

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