La conquête du Mont Chirripo. Ou presque

Février 2013. L’hiver au Canada bat son plein et il caille comme pas possible : le thermomètre affiche -35°c et le ciel est couleur gris-déprime. Un jour dans la rue, je sens quelque chose dans mes narines. Crottes de nez? Non! Mes poils de narines étaient en train de geler et la moustache de Derrick était givrée. Il caille vraiment. J’ai un mois avant de commencer mon travail au Nelligan et nous décidons de faire comme tous les canadiens: envahir le Costa Rica.
 
On part avec un itinéraire brouillon et sac de randonné pour deux. On arrive à San José avec nos gros manteaux, chaussettes triple épaisseur et il fait environ +35°c. On se trouve une auberge de hippie un peu en périphérie de San José et nous partons prendre le pouls de la ville. Et on aime pas! La ville est plutôt lugubre et à 18h30, les restaurants ne veulent pas nous servir car ils ferment! On décide donc de ne pas s’attarder et partir le lendemain matin pour San Girardo de Rivas pour attaquer la partie la plus dure du voyage, le Mont Chirippo! A ce qu’il parait, du sommet, il est possible de voir la côte Pacifique et Caribéenne. Bon sur la photo c’est pas le sommet mais presque!
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Sur le chemin, on rencontre Rachel, une québécoise qui s’apprête également à faire le trek. Elle parle espagnol et parce qu’on ne sait dire que “hola”, nous la suivons de très près. On aurait tendance à penser que les costaricains parleraient anglais à cause du nombre élevé de touristes américains et canadiens mais que nenni, ces nord américains maîtrisent pour la plupart l’espagnol! Et pas qu’un peu! Le bus qui mène à l’entrée du parc est vieux, blindé et malgré cela, il grimpe des pentes vertigineuses semées de cailloux énormes. On roule à 10km/h à la verticale pendant 2h et quelques et on a souvent eu l’impression que le bus allait subitement se décoller de la route et partir dans le décor. On paie l’entrée du parc et les frais d’hébergements puis on part acheter le nécessaire pour le trek: PQ, eau et bouffe, avant de nous diriger vers l’un des hôtels de San Girardo de Rivas. On a décidé de suivre Rachel qui, visiblement a bien préparé son voyage et qui nous mène à un hôtel qui se trouve presque en face de l’entrée du parc. 

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Le lendemain, on commence le trek vers 4h30. Il fait évidemment nuit noire et on avance grâce à nos torches. Les premiers mètres du trek, très raide restera… très raide durant tout le long. 15km de montée continue avec parfois des petites descentes, qu’il faudra ensuite remonter! Les paysages sont incroyables et il est apparemment possible de voir durant le trek, des singes, quetzals et quelques autres animaux. Nous, on a vu que des lézards se dorer la pilule. Le trek était éprouvant. Le soleil brillait de toutes ses forces, il crève de chaud, le dénivelé est très important et le poids du sac avec l’eau et toute la nourriture à l’intérieur se fait ressentir (et encore on avait pas le réchaud à transporter, contrairement à Rachel). On croise par moment des ânes transportant des sacs énormes sur leurs dos descendre/monter à nos côtés. On croise également des surhumains qui participent également au trek: gamins de 12 ans qui ont fait sa toute leur (courte) vie, locaux qui sont couverts de la tête aux pieds manquant de s’étouffer avec leur écharpe. Il nous aura fallu 9h pour arriver jusqu’au camps, trempés de sueurs et jambes en coton. Je rêve d’une bonne douche mais c’est la douche froide. Littéralement! L’eau est froide genre glaciale. Personne dans le refuge n’a pris de douche. Par contre, à 4000 mètres d’altitude , il est possible de trouver le wifi.

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Cette nuit là, Derrick est malade et se gave de comprimés en tous genres. Peut être une insolation, peut être un coup de chaud/froid. En plus, impossible de dormir. Il fait super froid, on a en guise de matelas un tapis de gym et les jeunes costaricains de la chambre voisine font la fiesta en sachant que tout le monde se lève à 04h00. Non mais pour qui ils se prennent!? Néanmoins, nous décidons de ne pas attaquer la seconde partie du trek le lendemain. Le chemin du retour est beaucoup plus facile et il est jouissif de voir tous ces pauvres malheureux grimper en souffrant et leur dire “bon courage, le plus dur est à venir!”. Mais après quelques heures à marcher les genoux fléchis comme des australopithèques, on n’en peut plus et surtout, on n’en voit pas la fin. On est descendus en 5 ou 6h, lessivés et à l’hôtel, on s’est littéralement jetés sur un coca bien frais! Les courbatures eux, sont déjà là, m’empêchant même de descendre des marches d’escalier. 


Prochain stop: Ulvita, petite station balnéaire. On l’a bien mérité!

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