Mulu, trek de la mort

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Les pinnacles de Mulu étaient également dans ma top liste des choses à faire et à voir sur Bornéo mais lors de la réservation, je n’avais pas mesuré la difficulté du trek. Parce que moi, Cindy; jeune femme de 23 ans, mangeant à toute heure de la journée – et je ne parle pas de tomates -, ayant par conséquent une jolie roue de secours genre bibendum et des cuisses de poulet aussi flasques qu’un flanc – car oui, je suis totalement allergique à toute forme d’exercice physique sauf si cela concerne “le courage après le bus” – ne peut évidemment PAS finir le trek des pinnacles. C’est inévitable et véridique, je ne l’ai pas fini.

Souvenez vous, dans l’article précédent, je mentionnais notre super régime à Derrick, Adeline et moi. Super régime également appliqué pour ce trek car oui, pour le trek, il faut TOUT ramener (3l d’eau, nourriture pour 3j/2n, moustiquaire, bref la totale). Ben nous, on a ramené le stricte minimum (on avait pas vraiment le choix en même temps…): eau, nouilles, bananes et cookies. Haha les pouilleuses! Ca commençait déjà très mal pour nous.

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Cela commence par un transfert en bateau dans les eaux cristallines de la rivière. 1er stop dans un village de Penan, peuple ethnique de Bornéo pour ceux qui veulent acheter des souvenirs (car la “visite” du village se résume à une petite allée comportant un certain nombre de stands toutes les unes à côté des autres vendant la même chose). Puis, visite des Wind et Clearwater cave. Ca, c’était cadeau! Adeline et moi avions refusé de payer le supplément  pour la visite de ces grottes étant donné qu’on en avait déjà vu deux la veille. Après tout, les grottes se ressemblent toutes plus ou moins non?! Bref, visite des grottes en bonus car tous les autres participants du trek avaient payé pour la visite. Je pense que le staff avait la flemme de nous organiser un pick up spécial… et tant mieux, c’est Adeline qui en fut ravie! La Clearwater Cave est la plus grande au monde et est incroyablement impressionnante. La Wind Cave elle; est unique en son genre par sa formation qui offre une brise fraiche et agréable de façon constante à l’intérieur de la grotte.
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Après ça, c’est 45min de bateau au milieu de nulle part. Le lit de la rivière étant assez peu profond, il était très fréquent que l’embarcation reste bloqué. Ettt tout le monde à l’eau pour pousser! Et on répète l’opération une bonne dizaine de fois… Pas agréable du tout de courir pieds nus dans l’eau, sur des rochers glissants pour pousser un putin de bateau. C’est plutôt le bateau qui m’a tiré… Après ça, c’est 8km de trek dans la forêt pour rejoindre le camps. Et là, ça m’a fait peur. Avec Ade, on a pu avoir une idée quant au niveau des autres participants :  des vrais Rambo! Ca courait presque. Il y avait Ashley, un australien, Laura, une canadienne, Barry, un hollandais, Christian et Lena, deux allemands et nous (mais sérieux, qu’est ce qu’on foutait là??). Au final, on a bouclé ces 8km en 1h. “Finger in ze noze”. Quant au camps, il est plutôt cool : douches froides et toilettes infestées d’énormes bebetes, grande cuisine équipée et des dortoirs plutôt vides! En guide de matelas, on eu droit à des tapis de gymnastes; et quand tout le monde a sortit sa moustiquaire, on a juste eu envie de pleurer car on s’est senties minables. “Ade, pourquoi on a pas pris la tienne?”. “Stricte minimum”. Cette nuit là, j’ai eu méga froid (qui l’eût cru?) et je me suis fait dévoré par les moustiques. Oui en effet, cela commençait très mal pour nous…
 
Au deuxième jour, réveil très difficile à 5h30. Le temps d’avaler quelques cookies et des bananes, de cuire nos nouilles pour la montée, qu’il est déjà temps de partir. Le début du trek ressemble un peu aux 200 premiers mètres des chemins de randonnées à Bako : chiant et humide mais faisable! Arrivés à un énorme rocher avec une corde pendue gentillement sur côté, le guide nous annonce avec un sourire espiègle “From now, it’s gonna be rock’n’roll” et il n’avait pas tord. La montée ressemblait à une montée de marches d’escaliers faite de racines et de rochers. Plus hautes et irrégulières tu meurs. Une torture. La distance du trek n’est que de 2.5km mais la différence de dénivelée est de plus de 2000m; ce qui rend le trek extrêmement pénible. Il fallait là, faire appel à ses talents de gymnastes… Les Rambo eux, étaient à fond, quand moi je m’étouffais presque, effectuant la montée à 4 pattes la majeure partie du temps. Pas pour moi, j’ai fais demi tour. La suite, je ne la connais pas vraiment. Apparemment, Adeline m’a maudit durant toute la montée, se demandant pourquoi m’a t’elle suivit sur ce trek de l’enfer, se demandant ce qu’elle foutait là, songé à l’abandon un million de fois, et m’a maudit durant toute la descente. Les Rambo sont revenus sur le camps à 14h (!!!). Adeline est revenue à 18h, MORTE. Trop fière d’elle!
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J’ai eu des regrets mais à y réfléchir de plus près, c’était vraiment trop rock’n’roll pour moi et durant la montée, lorsque je me suis dit “plus jamais”, je sais que c’est une décision irrévocable.

Au troisième et dernier jour, 8km de trek retour en 1h encore. ET BAM! Et.. les fameuses poussées de bateau pour finir en beauté avant de rejoindre le parc. Bonne 1/2 expérience néanmoins!

 

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4 thoughts on “Mulu, trek de la mort

  1. hhahaa bah alors Cindy ?!!
    N'empêche ça avait l'air bien hardcore ton truc ? Mais ça valait le coup au moins ? yavait quoi a voir en haut de la monté ?
    Céline, RM ^^

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  2. Tu as bien résumé le parcours de la mort, j'ai rien ajouté juste à commenter un petit bout de mon ressenti!

    On est arrivés au sommet à 10H14 avec une pause bien méritée et shoot des pinnacles tout les 5 secondes (vous en ferez autant).Sur la photo j'étais toute dégoulinante et je transpirais comme un sumo, tellement je transpirais il y avait des abeilles ou mouches (j'entendais que leur bzzz) qui me suivaient au moment du trek. Véridique oui. Absolument pas présentable et puante si j'avais un rendez-vous galant… au secours quoi.

    Ma première impression? Avoir accomplie une mission quasiment impossible
    pour une non sportive comme je suis. J'ai réalisé un exploit extraordinaire, je doutais de mes compétences car les ascensions j'en ai jamais fait de ma vie. L'idée est de Cindy donc moi je n'ai fait que la suivre… (pensée regrettable au moment de la descente). C'est plus dure que l'ascension du Kinabalu et sur une échelle de difficulté sur 10, les pinnacles remporte haut la main avec 10 points d'avance et 7 pour le Kinabalu (dixit Le Lonely Planet).
    A ce moment là j'ai oublié toute mes peines, tout les efforts que j'ai subis. Je suis restée comme un pic à contempler cette vue mystique. J'étais impressionnée par la beauté des paysages et fascinée par l'enveloppe du brouillard qui dansait autour des aiguilles . Au final, on se dit putain ça valait vraiment la peine.

    Pause midi enfin 10h30. Au menu du jour, des nouilles toujours,le meilleure repas de toute ma vie. Eh oui l'effort ça creuse, vu ce qu'on a enduré, j'ai pas envie de contester le plat car j'ai ramené que des nouilles et un paquet de cookies. Les autres? Un sac rempli de bouffe, limite leur glacière quoi! C'est avec tête baissée, l'air dépitée que je mangeais mes nouilles instantanée (Barry s'est foutu de ma gueule, pouilleuse comme je suis).

    11h : affrontés la descente. Le moment fatidique. Rien que d'y penser j'en ai des frissons, le cauchemar dans toute sa splendeur, un peu comme si tous les personnages des film d'horreur vous attendez les bras grands ouverts, prêts à vous dégommer. Il fallait réveiller ses compétences acrobatiques pour surmonter cette épreuve. Descendre une pente raide en pleine nature sans aucune préparation du terrain, je me dis que ça ne va pas être une tranche de rigolade. Les autres ont pris une avance sur moi, j'ai pas voulu les rattraper et préférer prendre mon temps. J'étais trop crevée et je n'étais pas apte à les suivre. Le guide est restée avec moi et à veiller sur moi durant toute la descente. Je m'accrochais à n'importe quel prise c'est à dire semblant de corde, bout de liane, pierres, arbres, branche… le terrain est glissant et ma plus grande frayeur est de tomber et rouler en boule.
    Pour rajouter encore plus de frayeur, je n'avais plus de force aux genoux. Impossible de les plier,j'ai du dégoter le bâton de Moïse pour descendre saine et sauve… je vous épargne les détails horripilants. 5h heures de descentes avec un genou droit pété, le bout de bois magique pour m'appuyer et maudire sur mon sort durant l'épreuve.
    Je remercie au guide d'avoir surmonter mes plaintes. Big up à toi.

    Au final, ce ne sont que des détails,inutile de rajouter que l'épreuve fut éprouvante car le but rechercher était de voir les Pinnacles (faut quand même être un peu SM pour voir ça). Le meilleur souvenir reste le sentiment d'avoir accompli une mission de canard WC. Et là je pourrai sortir cette épreuve au moment de l'entretien d'embauche. Quel est l'expérience dont êtes-vous le plus fière? Les Pinnacles pardi!

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  3. Salut Cindy,

    Tu as l'air de vraiment t'éclaté dans ton trip.Profite bien, c'est magnifique.
    Quand est-ce que tu rentres en France?
    Tata Jo

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